Microbiome & IMC


Selon une étude norvégienne, la composition du microbiome d’un enfant de 2 ans serait prédictive de son risque ultérieur d’être en surpoids ou obèse.

L’obésité est définie par l’OMS comme « une accumulation anormale ou excessive de graisse qui présente un risque pour la santé ». Chez les adultes, elle correspond à un IMC (Indice de Masse Corporelle) égal ou supérieur à 30kg/m2. 
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En France, en 2019, selon l’Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), l’obésité concerne 17% des adultes et chez les enfants, 16% des garçons et 18% des filles. 
La prévalence mondiale de l’obésité a triplé depuis 1975.

Et si ce taux d’obésité était intrinsèquement lié à la composition du microbiome ? 

Microbiote et microbiome 

Longtemps appelé « flore intestinale », le microbiote est un organe à part entière. Il regroupe l’ensemble des micro-organismes : bactéries, champignons, virus, etc., qui vivent principalement dans le tube digestif, notamment dans le colon. Le microbiote comporte 100 000 milliards de bactéries et pèse, en moyenne, 2kg chez l’adulte. Il y a 10 fois plus de micro-organismes dans le microbiote que de cellules dans le corps humain !

Chaque bactérie possède son ADN propre. L’ADN cumulé des bactéries du microbiote constitue un méta génome, qui compte à lui seul 100 fois plus de gènes que le génome humain.
D’après Pascale Cossart, « on parle de « microbiote » pour désigner l’ensemble des espèces microbiennes présentes dans un environnement, et de « microbiome » quand il s’agit de l’ensemble des gènes présents dans ce microbiote ».

La composition précise du microbiote est propre à chaque individu. Elle est conditionnée en premier lors de la naissance. Durant un accouchement par voie basse, le microbiote est transmis de la mère au bébé par la flore vaginale. Ce n’est pas le cas lorsque la mère accouche par césarienne. Puis, il s’enrichit petit à petit pour atteindre une composition dite « de référence » vers l’âge de 3 ans, on parle de l’importance des 1000 premiers jours de vie. Le microbiote évolue ensuite avec l’âge, les habitudes alimentaires, l’environnement dans lequel nous vivons, les maladies et leurs traitements. 
Le microbiome, au centre de la variation de l’IMC ?

Chez les personnes en obésité, on observe un appauvrissement de la diversité des espèces bactériennes par rapport aux personnes non-obèses. Pour certaines équipes de recherche, la modification du microbiote serait la cause de l’obésité.

Une première démonstration de cette hypothèse a été réalisée en transplantant des microbiotes de souris obèses sur des souris maigres axéniques (sans flore intestinale) sans problématique de poids : les souris axéniques recevant le microbiote « obèse » devenaient alors obèses, sans changement de régime alimentaire.
Puis, des chercheurs de l’Inserm et des scientifiques de l’Imperial College de Londres ont réalisé une autre expérience avec des souris génétiquement modifiées.
Lors de l’expérience, les rongeurs ont été alimentés par un régime hypercalorique et riche en graisses. Les résultats ont montré différentes réactions des souris : certaines ont grossi plus que d’autres ou sont devenues moins tolérantes au glucose (symptômes d’alerte du diabète). 

Cette étude montre que la valeur de notre alimentation est déterminée par nos gènes et les gènes de notre microbiote intestinal. Il pourrait être intéressant, à terme, de proposer aux patients une alimentation adaptée à leur microbiome. 

Selon Dominique Gauguier, chercheur Inserm, « lorsque celui-ci (le microbiote intestinal) se développe précocement au cours de la vie, nous commençons avec très peu de germes, et nous acquérons davantage de bactéries de notre environnement au fur et à mesure du développement. Cela signifie que de petites différences dans l’environnement local peuvent entraîner une grande diversité dans le microbiote ».


Comment le microbiote entraîne-t-il une obésité ? 

Plusieurs théories sont mises en avant concernant les effets du microbiote sur l’apparition de l’obésité. 

• Le mécanisme énergétique : Certaines bactéries ayant des enzymes spécifiques auraient une plus grande capacité à digérer les fibres pour produire des sucres digestibles. Ce phénomène augmenterait la production d’énergie à partir du bol alimentaire chez les sujets en obésité. 

• L’inflammation : Certaines bactéries intestinales ont à leur surface des molécules pro-inflammatoires. Or, lorsqu’il y a une hyperperméabilité intestinale causée par une alimentation déséquilibrée, la pollution, le stress, l’alcool, etc., les molécules pro-inflammatoires passeraient directement de l’intestin vers le sang. Ce phénomène créé une réaction inflammatoire de type anticorps/antigène et génère une inflammation au niveau des tissus adipeux. 

• La composition du tissu adipeux : Les molécules pro-inflammatoires dans le sang augmentent la sécrétion d’insuline, par des mécanismes pas encore totalement élucidés. L’insuline permet une diminution de la glycémie en faisant « entrer » le glucose dans les cellules. Dans les adipocytes (cellules du tissu adipeux), le glucose est métabolisé et stocké sous forme de triglycérides. C’est comme si le microbiote aidait son hôte à stocker de l’énergie dans le tissu adipeux pour un usage ultérieur. 


Comment équilibrer son microbiome ? 

L’alimentation joue un rôle clé dans l’équilibre du microbiome et donc éviter un surpoids/une obésité. 
• Privilégier les matières grasses végétales – huile d’olive, de noix, de colza
• Consommer des poissons gras riches en oméga 3 – sardines, maquereaux, saumon (plus rarement)
• Augmenter la consommation de végétaux (riches en fibres) – fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes
• Remplacer les protéines animales riches en graisses saturées par des protéines végétales – pois chiches, lentilles, haricots rouges, pois cassés 
• Limiter les sucres ajoutés 
• Consommer des aliments riches en antioxydants – baies rouges, grenade, thé vert (en dehors des repas), cacao, raisin rouge, etc. 


Ces principes alimentaires sont bons pour votre santé, votre silhouette et pour votre microbiome. 








Sources : 
https://doctonat.com/obesite-microbiote/
https://www.gutmicrobiotaforhealth.com/fr/contributeurs-la-diversite-du-microbiome-intestinal-alimentation-vs-indice-de-masse-corporelle/
https://www.biocodexmicrobiotainstitute.com/publications/le-risque-dobesite-infantile-se-lirait-il-dans-la-flore-intestinale
https://www.biocodexmicrobiotainstitute.com/pro/publications/surpoids-en-heritage-microbiote-intestinal-et-mode-daccouchement-agissent-en-duo
https://www.pourlascience.fr/sd/medecine/obesite-la-flore-intestinale-mise-en-cause-8255.php
https://www.inserm.fr

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